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 Quand l'inspiration fait des siennes...

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Cornflower

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MessageSujet: Quand l'inspiration fait des siennes...   Dim 7 Aoû - 17:49

    Plouf plouf. J'ai un peu hésité, mais voici trois textes de ma création. Il s'agit d'épilogues, tous trois, et je n'ai jamais continué ces textes par manque d'idées (l’inspiration vient, j'écris, et après, je ne sais pas du tout comment structurer l'histoire XD). N'hésitez surtout pas à me donner vos avis /ô/.


Lacrimosa.
« La fin de l'espoir est le commencement de la mort. »
[Charles de Gaulle]
Espoir. N’est-ce pas un mot remplis d’optimiste, mais aussi de malheur ? N’est ce pas un terme utilisé pour démontrer que quoiqu’il se passe, il y a toujours quelque chose, ou quelqu’un à qui se raccrocher ? Est-ce juste une fabulation inventé par ceux qui n’ont plus rien à perdre, pour pouvoir enfin nommer leur raison de vivre ? Pour moi, l’espoir est plus que ça. Un point dans l’obscurité. Une lumière dans les ténèbres. Une couleur dans le terne. Et quelle couleur. Éclatante, mais floue. Rouge, mais bleu. Chaude, mais froide. Contradictions et interdiction. L’interdiction de penser au malheur. L’interdiction de supposer un événement ayant une conséquence désolante. L’espoir est égoïste, l’espoir fait vivre. Comme l’air que l’on respire. Indéniablement et incroyablement indispensable.

C’est ce que disait l’Ancien, voyez-vous. Ce vieil homme sénile que personne n’écoutait. Il disait que la vie était éphémère, alors qu’il était le plus âgé de tous. Il disait aussi que le ciel était Bleu, et que le sol était Vert. Qu’est-ce que Bleu, qu’est-ce que Vert ? Je ne sais pas. Je ne connais que Gris, comme la couleur rappeuse et régulière des rochers. Puis le Noir. Tous connaissent le Noir. Le Ténèbres impénétrables du monde de l’obscurité. Le Noir est omniprésent dans notre vie, accompagné timidement du Gris. Mais je n’ai jamais vu Vert, ou Bleu. Non, juste Gris et Noir. Des couleurs ternes pour un monde terne. On le nommait Underground, notre monde, dans une ancienne langue rustique maintenant oubliée. L’Underground était une zone hostile, qui recouvrait de sa langue rocheuse quiconque ne la connaissait pas assez pour se méfier de ses pièges et espiègleries. Elle découvrait les crocs dans les moments les plus opportuns, si bien que chaque Cycle, plusieurs dizaines de personnes allaient rejoindre le ciel d’un Bleu que je ne connaissais pas, par sa faute. Pourtant, je ne lui en voulais pas, à l’Underground. Ce monde était le miens, mon terrain de jeu depuis un temps indéterminé. Je ne suis pas bien vieille, vous savez. L’Ancien dit que j’ai l’âge où on espère. D’ailleurs, l’Ancien, lorsqu’on ne le prend pas pour un déluré, peut raconter des histoires vraiment passionnantes. C’est pour ça que je ne suis pas la seule à l’appeler le Conteur.

Lorsque je suis entrée dans l’Underground, ce fut le premier à me donner mon nom. Avant même le Nommeur. J’étais très petite, à ce moment là, je ne me rappelle plus. Juste un doux arôme d’une fleur oubliée. Parmi les rares souvenirs que j’ai de l’Extérieur, cet arôme de fleur oubliée est partout. Il m’accompagnait, lorsque je dormais dans les bras de quelqu’un que je ne connaissais pas. Lys, m’avait apprit l’Ancien. C’était aussi mon nom. Lys. Le Nommeur m’avait attribué un autre descriptif, non content de concurrencer avec un vieil homme. Mais j’avais choisi Lys. Parce que c’était le seul fragment de ma mémoire oubliée. Presque tous, par respect ou pitié envers moi, m’appelait aussi par ce diminutif. C’était tabou de parler des choses de l’Extérieur, à vrai dire, et pour certain, mon nom seul était une catastrophe. Ainsi, si certains me nomme Lys, d’autres me nomment ironiquement Lacrimosa. Comme le monde extérieur. Une partie de requiem oubliée, une tragique mélodie perdue. Lacrimosa.


Faraway.
« I'm holding the future faraway overheard... »
Le roi déchu a brisé sa couronne.
Cette simple expression, pas bien extraordinaire et pourtant si étrange me hantait l’esprit. Elle me harcelait, me déchirait, m’étripait de ses griffes déjà couvertes de vil. Elle me possédait jalousement, écartant d’autres idées plus pacifiques qui menaçaient de la remplacer. Et moi, je me contentais de supporter. Je le devais bien. Je n’essayais pas de m’enfuir. Je n’essayais pas de me débattre. C’était ma punition. Je le revoyais, entouré de verre couleur vermeil. Tout était sombre et sans vie, terne et inhumain. Je ne sais pas, je ne veux pas me souvenir.

Mais lui, même en étant à l’état de cadavre, n’avait nullement perdu sa splendeur. Les yeux fermés comme s’il s’était endormit, déposer sur sa longue crinière de cheveux dorés. En son air, en son aura même en déclin, on reconnaissait un seigneur. Un grand seigneur. Le meilleur qu’il ne me fut jamais donné de rencontré. Le meilleur qu’il ne me fut jamais donné d’admirer et d’aimer comme un père. Mais désormais j’étais seule avec mon remord, chose dont je ne voulais pas me débarrasser. Je ne sais pas, je ne veux pas me souvenir.

Punitions et sacrifices. C’était les mots que j’avais compris lorsqu’on m’avait retrouvée. Je ne me souviens plus, je ne veux pas me souvenir. J’étais là, lorsqu’il partit. J’étais là, lorsque la lame argentée le transperça de toute sa longueur. J’étais là, encore une fois, lorsque je le vis vaciller et mettre un genou à terre. J’étais aussi là lors de ses derniers moments dans notre monde, lors de ses derniers mots. Ils m’étaient adressés, me semble-t-il. Je ne sais pas, je ne veux pas me souvenir.

Il m’avait scruté de ses profonds yeux d’azur avec un sourire peu crédible. Je me revois, la garde d’une épée entre les mains, la lame remontant jusqu’à la poitrine du monarque. Elle le transperçait. Je le transperçais. Mes yeux étaient emplis de larmes amers, je ne savais même pas pourquoi je pleurais. Mes doigts tremblaient sur le pommeau de l’arme empoisonnée. Je ne voulais pas, je ne voulais pas... Non... Pourquoi avais-je fait ça ? Je ne sais rien, ne m’obligez pas à me souvenir ! Laissez-moi !

Le roi n'est plus.


Alaska.
17 octobre 1870. Alaska.
Le vent siffle, la neige tombe. Le froid gagne en longueur, il se faufile sous nos manteaux, dans nos bottes. La neige se fracasse à nos pieds, répandant le blizzard partout où nous passons. Elle se tasse sur nos routes, imposant l’obligation de voyager en groupe. Armés seulement de nos pioches et de notre volonté, nous franchisâmes les frontières de l’Alaska, pays froid et inexploré. Ce qui nous attend ? Personne ne le sait. Une grotte aux merveilles ou le contraire ? Des légendes courent déjà... Mais nous n’avons pas peur. Nous vaincrons ce pays, comme les européens l’ont fait avec l’Amérique. La fortune et la gloire nous attendent.

21 octobre 1870. Alaska.
Voilà plusieurs jours que nous nous sommes éloignés de la frontière. De la neige, de la neige, et encore de la neige. A perte de vue. Nous avons l’impression de tourner en rond. Pas une forêt, pas une grotte, rien que des étendues neigeuses. Ça pourrait presque faire peur. Mais nous ne sommes pas là pour jouer les froussards. Nous chercherons jusqu’à trouver, nous creuserons jusqu’à nous enrichir. C’est ça la devise des chercheurs d’or. « Abandonner, c’est renier ses efforts ». Quelle que soit la tempête, quel que soit le blizzard, rien ne nous arrêtera. Nous sommes ici pour une cause connue de tous, pas question d’abandonner.

6 novembre 1870. Alaska.
Les chiens de traineaux et nos réserves s’épuisent. Nous n’avons rien trouvé à manger depuis des lustres. Chaque miette de pain est comme un festin. Se pourrait-il... Se pourrait-il que cette terre ne soit qu’une étendue neigeuse, sans civilisation ni trésors ? Nous commençons à douter. Nous ne connaissons plus le chemin du retour. Nous sommes perdus dans la nature sauvage, livrés à nous-mêmes. Bientôt, nous seront obligés de manger nos propres chiens pour survivre. Nous craignons ne jamais revoir nos familles, nos amis. Serait-ce la fin ? Ce pays sera-t-il classé comme indomptable ? Que de questions, et qui sait...

15 novembre 1870. Alaska.
Nos réserves s’épuisent plus vite que prévu. Bien plus vite. Quelqu’un parmi nous mangerait-il plus que permis ? Nous nous méfions de nos propres compagnons. Nous avons peur les uns des autres. Les chiens tombent les uns après les autres, et nous en sommes venus à être obligé de les dévorer comme de vulgaires animaux sauvages. Mais que se passe-t-il ? La tension monte, encore et encore, ça en devient presque effrayant. Nos traineaux glissent sur la neige, abimés. Certains d’entre nous sont blessés, d’autre meurent. Nous ne savons que faire. Sommes-nous destinés à mourir de la sorte, dans une praire d'un blanc cauchemardesque, livrés à nous même ?

27 novembre 1870. Alaska.
Nous en sommes désormais certains. Il y a un intrus, un traître parmi nous. Les chiens sont tous morts, nous avons abandonnés nos traineaux, et nos pioches avec. Tous les moyens sont bons pour avoir de la nourriture. Ceux qui sont blessés sont aussitôt abandonnés. Nous avons peur. Une chose qui ne devrait pas être là nous surveille, nous le sentons. Nous sentons une présence, un regard toujours feutré dans la neige. Devenons-nous fous ? Est-ce notre imagination ? Si seulement... Nous craignons nos nuits, ne pouvons dormir. Nous sommes surveillés.

3 décembre 1870. Alaska.
Je me félicite d’être encore en vie. Sur un totale d’une quarantaine de personnes, nous ne sommes plus que six. Et nous sommes certains que quelque chose nous suit. Nous ne sommes plus seuls. Ces étendues blanchâtres sont devenues notre enfer, étouffant nos hurlements de peur. Nous nous sentons observés, et lorsque nous tournons la tête, rien. Cette chose est plus habile qu’on pourrait le croire. Nous serions sûrement intrigués par sa présence, en d’autres circonstances. Pour nous, c’est juste l’envoyé du diable désigné pour faucher nos vies. Le regard cuisant d’un prédateur, toujours sur nos pas, ricanant notre mort, il n’y a rien au monde de plus effrayant.
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MessageSujet: Re: Quand l'inspiration fait des siennes...   Mer 24 Aoû - 17:39



J'adore tes textes. J'adore ton style d'écriture. C'est vraiment magnifique, et très agréable à lire.

Dans "Lacrimosa" j'ai juste moins apprécié le fait que ce soit un mot anglais qui soit choisi pour nommer le monde. Il casse un peu le texte. Mais j'aime beaucoup la référence. (:

J'ai beaucoup apprécié les sujets de "Faraway" et d' "Alaska". Puis, mettre cette dernière nouvelle sous forme de journal, intrigue et happe le lecteur, encore plus que si ce texte était sous une forme "normale" (elle me rappelle vaguement le Horla, mais bon xD).

Non, vraiment, je suis fane. *O*
Bravooo. \o/ *vraiment très dure et compliquée avec ce genre de texte*
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MessageSujet: Re: Quand l'inspiration fait des siennes...   Mer 31 Aoû - 8:03

    Désolée, je n'avais pas vu ton commentaire /ouuuuh!/
    Merci beaucoup à toi pour cet avis, ça me fait vraiment chaud au cœur \ô/. Je dois dire que pour le nom du monde, dans Lacrimosa, je n'ai mis que le premier mot qui me venait à l'esprit, j'avouerais donc ne pas m'être trop foulée dessus *fait partie de ces gens qui écrivent au feeling 8D*.

    Et plutôt deux fois qu'une, merci :3 !
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MessageSujet: Re: Quand l'inspiration fait des siennes...   Mer 31 Aoû - 14:25


Pas grave. (x
(Oh, moi aussi j'écris écrivais au feeling. 8D)

De rien, c'est normal ! ^o^
Tu écris vraiment bien. Posteras-tu d'autres textes, plus tard ? Ö
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MessageSujet: Re: Quand l'inspiration fait des siennes...   Mer 31 Aoû - 18:33

    Et bien, je comptais m'en tenir à ces trois là, mais étant donné que tu sembles apprécier mon style d'écriture, j'en remettrais volontiers ! :D *contente*
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